Le paysage français est encore principalement occupé par l’agriculture (59%) et la forêt (30%). Mais l’artificialisation gagne du terrain.
Les altérations des milieux et paysages provoquées par les activités humaines réduisent les capacités de déplacement et d’échange entre les espèces animales et végétales, et provoquent leur déficit démographique, l’extinction des espèces rares, l’érosion génétique, la fragilisation des écosystèmes.
C’est aussi la « nature ordinaire » qui est touchée, celle qu’on rencontre partout en campagne ou en ville. On constate une baisse d’effectifs des espèces communes, la disparition de zones humides, un recul de la faune, de la flore et des peuplements de poissons.
Cette érosion de la biodiversité fait peser un risque économique sur la société. Elle menace d’affaiblir et d’interrompre la chaîne de biens et de services « gratuits » que les écosystèmes offrent à l’humanité, des fournitures aussi vitales que l’épuration des eaux, la protection contre les catastrophes naturelles ou la richesse des sols.
Dès lors, les questions de la préservation de la nature doivent s’intégrer dans une stratégie de développement durable et non plus être traitées à part. Nous proposons de changer d’échelle par rapport aux actions traditionnelles de protection des espaces naturels :
> En reliant les espaces protégés entre eux, à travers la mise en place d’un «réseau écologique national» qui établirait une continuité entre les milieux riches ou moins riches et les paysages. Ses schémas régionaux seraient intégrés dans tous les projets, outils et documents d’aménagement et d’urbanisme.
> En créant une agence nationale du patrimoine naturel, avec des délégations à l’échelle d’éco-régions, en métropole et en outre-mer, qui serait responsable de ce nouveau «bien commun».
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